Qu’est-ce qu’une habilitation électrique ?
Si vous posez la question à votre entourage, à vos salariés, beaucoup vous répondront que c’est “une formation contraignante sur 3 jours, tout ça pour remplacer une ampoule”. Mais est-ce bien cela ?
Oui, il s’agit bien d’une formation qui a pour objectif de sensibiliser et former les personnes à l’identification et à la gestion du risque électrique, en fonction de l’environnement dans lequel elles exercent et des opérations qu’elles effectuent.
Les formations en habilitation électrique peuvent aller de 1 à 3 jours pour la basse tension, à laquelle s’ajoutera une journée si le photovoltaïque ou la haute tension (HT) est requis.
À l’issue de celle-ci, on émet un document certifiant l’acquisition de certaines compétences dans le domaine. Mais c’est avant tout une démarche de prévention obligatoire et encadrée en fonction des opérations et de l’environnement dans lesquels travaillent vos salariés.
Les normes qui définissent les règles en matière d’habilitation électrique sont :
- La NF 18-510 : « Opérations sur les ouvrages et installations électriques et dans un environnement électrique – Prévention du risque électrique »
- La NF 18-550 pour : « Opérations sur véhicules et engins »
Ces deux normes stipulent qu’il s’agit de « la reconnaissance, par l’employeur, de la capacité d’une personne placée sous son autorité à accomplir, en sécurité vis-à-vis du risque électrique, les tâches qui lui sont confiées. »
En complément de ces normes d’application volontaire, deux référentiels de l’INRS existent :
- La brochure ED6127 pour les ouvrages et installations électrique
- La brochure ED6313 pour les véhicules et engins
Ces référentiels, contiennent les principes et le processus de l’habilitation électrique afin que les acteurs concernés puissent connaître leurs droits et obligations.
Pourquoi former vos salariés aux habilitations électriques ?
Certains répondrons : « parce que c’est obligatoire et de cette façon je ne suis plus responsable de la problématique liée aux risques électrique ».
Si l’on s’intéresse aux chiffres, l’ONSE (Observatoire National de la Sécurité Électrique) dans son baromètre 2024 montre qu’il y a en moyenne 3000 passage par an aux urgences à la suite d’électrisations (même ordre de grandeur qu’en 2000) et 1/5 de ces électrisations serait sur le lieu de travail (4/5 à domicile).
L’impact économique (tout type d’électrisation confondu) est de 1 milliard d’€ par an.
Au regard de ces chiffres c’est d’abord la protection des personnes qui doit motiver la démarche d’habilitation, qui est étroitement lié à un impact économique conséquent.
De plus l’Article R4121-1 du code du travail, oblige toutes les entreprises dès l’embauche du 1er salarié à mettre en place un Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnel (DUERP).
L’employeur y consigne le résultat de l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité auxquels peuvent être exposés les salariés et mets en place des actions de préventions et des protections pour protéger ses salariés.
Enfin à l’issue de ces formations, vos salariés deviendront dans certains cas votre meilleurs atout pour mieux affiner votre DUERP (Document Unique des Évaluations de Risques Professionnels).
Quelle est la règlementation pour les entreprises ?
L’INRS précise sur son site : La prévention du risque électrique relève pour l’essentiel de la réglementation du travail.
Les règles de prévention des risques électriques figurent dans ce code, se décomposent en 2 parties :
- L’une s’adresse aux maîtres d’ouvrage. Elle porte sur la conception et la réalisation des installations électriques pour la construction et l’aménagement de bâtiments.
- La seconde s’adresse aux employeurs qui utilisent des installations électriques, en assurent les vérifications et effectuent des opérations sur ou au voisinage des installations électriques.
Ces règles sont issues de quatre décrets publiés en 2010.
C’est donc le code du travail qui rend obligatoire la démarche d’habilitation électrique lors de l’exécution de travaux d’ordre électrique ou non sur ou à proximité d’une installation électrique.
Afin de satisfaire ces exigences du code du travail, les entreprises peuvent s’appuyer sur des normes d’application volontaire qui sont :
- La NF 18-510 : « Opérations sur les ouvrages et installations électriques et dans un environnement électrique – Prévention du risque électrique ».
- La NF 18-550 pour : « Opérations sur véhicules et engins »
Ces 2 normes stipulent qu’il s’agit de « la reconnaissance, par l’employeur, de la capacité d’une personne placée sous son autorité à accomplir, en sécurité vis-à-vis du risque électrique, les tâches qui lui sont confiées. »
A l’issue de ces formations, l’employeur délivre un titre d’habilitation aux travailleurs concernés reconnus aptes par le médecin du travail dans le cadre du suivi médical renforcé et ayant reçu une formation théorique et pratique sur les risques électriques et les mesures de sécurité propres à ces travaux (Article R4544-9 & Article R4544-10 du code du travail).
Et il remet à ses employés habilités un carnet de prescriptions établi selon la norme NF C 18-510 ou NF C 18-550 (en fonction du cadre).
À noter que certaines entreprises étant exposé à des risques particuliers, devront compléter ou intégrer à ce carnet de prescription des instructions de sécurité complémentaire.
Pour les travailleurs indépendants et les employeurs intervenant directement sur des chantiers n’ont pas à être habilités, mais ils doivent avoir la connaissance des risques liés à l’électricité et des mesures de prévention.
Quelles sont les différents indices ?
Souvent surnommé « l’usine à gaz » par les salariés et/ou les formateurs, le choix des indices est avant tout un outil pour l’employeur.
Cet outil permet d’ouvrir ou de restreindre les activités des employés en fonction de leurs compétences et opération dans le domaine ou l’environnement électrique.
Il faut nécessairement mener une réflexion basée sur ces questions :
- Dans quel domaine de tension évoluent mes collaborateurs, Basse Tension (BT) et/ou Haute Tension (HT).
- Sont-ils confrontés aux installation photovoltaïque (PV) ?
- Vont-ils effectuer des travaux ou des interventions électriques ? quelle est la différence entre les 2 ?
- Devront-ils consigné pour une entreprise extérieure ?
La réponse à ces questions et à bien d’autre est facilité par un formulaire mis en place par l’INRS dans la brochure ED 6127 et votre organisme de formation, FORMAESTRO est aussi disponible pour aider à mieux les déterminer.
Pourquoi est-ce important ? De cette façon la durée du stage et le contenu sera adapté aux besoins de votre entreprise.
Ci-dessous un extrait des principaux symboles (ou indices) d’habilitation électrique :

Source INRS brochure ED6127
Quelles sont les formations liées à l’habilitation électrique que l’on propose ?
Formaestro propose dans son catalogue les formations suivantes :
- Habilitation H0/B0 dite habilitation pour non-électricien qui permet aux salariés d’intervenir pour des opérations non électriques dans un environnement électrique, comme par exemple faire la vérification d’extincteur dans un local TGBT
- L’habilitation BS / BE Manœuvre, qui permet certaines opérations basiques dans l’environnement électrique. Remplacer une prise de courant, réarmer une protection dans un local TGBT.
- L’habilitation BT. Il s’agit de session plus axée sur les métiers d’électricien, regroupant les indices BR B1V B2V BC. Cette formation plus poussée permet aux salariés d’effectuer des interventions et travaux électrique, incluant la notion de responsabilité et d’engagement en termes de sécurité et d’encadrement de travaux électrique.
- L’indice pour l’habilitation BE Essai, qui est principalement lié à la compétence et l’environnement électrique spécifique que ce sont les laboratoires de conception, d’essai et R&D présentant des risques particuliers.
- L’habilitation Haute Tension, qui à l’image de celle pour les travaux électrique B1V B2V BC, est lié à la réalisation de Travaux électrique HT. On y retrouve les symboles (ou indices) H1V H2V HC.
A noter que passer cette formation n’inclue pas les symboles Basse Tension (B1V B2V BC). Si le besoin est sur les 2 domaines de tension, veillez à bien le stipuler dans votre demande. Cela n’affecte pas la durée recommandée par la NF C 18-510 qui est de 4 jours en formation initiale.
Consultez l’ensemble de nos formations en habilitation électrique.
Ou se former ? (intra en France, Inter en centre partenaire)
Pour ces formations, plusieurs possibilités existent.
Le format INTER pour inter-entreprise, signifie que vos salariés suivront cette formation dans un centre FORMAESTRO ou partenaire avec des salariés issues d’autres entreprises et parfois d’horizons technique différent.
L’avantage de ces sessions est qu’elles permettent des échanges plus riches entre participants et formateur.
Le matériel mise à disposition chez les organismes de formation couvre l’ensemble des prérequis liés aux indices demandés.
Un panel d’EPI (équipement de protection individuel) et EPC (Collectif) sont à disposition permettant à l’issue du stage de faire le bon investissement dans le bon matériel.
L’inconvénient est que la « personnalisation » est plus complexe à mettre en œuvre car les horizons différents multiplie le nombre d’interrogation différentes auxquels les formateurs s’efforcent de répondre pour maintenir les exigences de qualité (notamment celle de QUALIOPI)
A contrario le format dit INTRA pour interne à votre entreprise, permet d’effectuer la formation sur le lieu de travail de vos salariés et donc d’adapter au maximum celle-ci aux besoins réels.
L’échange entre le formateur et les employés est donc plus personnel, plus ciblé, permet aussi de passer plus de temps sur des points précis.
La taille des groupes est souvent dans ce contexte à une échelle plus adapté.
L’inconvénient pour vous, peut-être de disposer d’une salle de formation adapté, avec écran, tableau nécessaire à la réalisation de ces formations.
Contactez nous pour définir vos besoins !
-> Rédaction : écrit par Sébastien GENVA – Formateur Expert Electricité et validé par les équipes de Formaestro